Ah ! Ce matin tout allait bien. Je ne me suis pas levé plus tard que d’habitude. Ou si peu. Une petite douche pour me réveiller. Bien frictionner partout et me sécher.

Ensuite je me prélasse sur mon canapé. Buvant mon café. Mon chat me faisant ses câlins matinaux pour me souhaiter une bonne journée. Pas trop de mauvaises nouvelles en plus pour une fois en dehors des six personnes intoxiquées suite à des essais pharmaceutiques et l’éternel combat des étudiants contre le CPE (courage !).

S’en vient ensuite le moment de me préparer. C’est comme un rituel. Lotion avant rasage électrique, puis rasage. Lavage de dents. Coiffage des cheveux. Un peu de déo sous les bras.

Et voilà le moment de l’habillage. Caleçon et chaussettes propres. Pantalon de ville. Chemise repassée avec amour. Et ? La fatidique cravate. Celle qui vous rend beau. Celle qui vous fait sentir appartenir à une élite sociale. Celle qui vous fait réussir.

En général il me faut un voir deux essais avant d’être satisfait de la tenue de ma cravate. Pas trop longue pour ne pas ressembler à ces commerciaux qui vous vendent des trucs dont vous n’avez que faire. Pas trop courte pour ne pas avoir l’air d’un nain de jardin.

Mais aujourd’hui il a été dit que je n’y arriverais pas. Après dix tentatives mon nœud de cravate ne ressemblait à rien. Rien de rien. Alors je m’énerve, puis je recommence. J’essaye avec une autre. Je vais regarder sur la toile (j’ai appris à nouer ma cravate en cherchant sur Internet en 1999). Je m’énerve à nouveau. Je suis « limit nervous breakdown ». Je me dis que ce n’est pas possible. Que se passe-t-il dans mon cerveau pour avoir oublié un geste aussi mécanique ? Alors je tente à nouveau. Et là, c’est le drame. Dans un geste désespéré, je démembre cet objet maléfique, je le réduis à l’état d’un vulgaire chiffon à peine capable de nettoyer un rebord de cuvette.

C’est décidé, aujourd’hui Jeudi, c’est journée sans cravate. Bon je file, du coup je suis à la bourre, je viens de perdre 20 minutes.